Ne jamais dire non à un enfant en détresse.
C’est une chaîne d’enfants ou de groupes d’enfants, à travers tout le pays tamoul gérée avec un minimum de structures et de dépenses. Cela peut paraître à certains très désorganisé, ce n’est sûrement pas une approche traditionnelle ou conformiste… C’est diamétralement opposé à la formule des orphelinats » traditionnels » qui peuvent être un désert d’amour où les enfants ont peine à s’épanouir…Bien sûr, il risque d’y avoir parfois de la pagaille et de la fragilité, la pagaille et la fragilité de la vie…
L’aide apportée par le mouvement recouvre aujourd’hui, le soutien scolaire et dans certains cas les fournitures scolaires (crayons / feutres / cahiers). Chacun reçoit une aide en fonction de sa situation.
Le mouvement vient en aide aux jeunes écoliers de familles démunies sans discrimination de caste, de couleur, de religion, ou de langue.
Il concerne les enfants du Tamil Nadu dans les districts de Chengalput, Kanchipuram, Madurai et Trichi.
Les enfants sont dans leur famille, au sein de leur village. En 2006, ce mouvement – car ce n’est pas un orphelinat- touchait environ 14 000 enfants.
Une organisation qui s’appuie sur les femmes
| Localisation | Villages du Tamil Nadu |
| Nombre d'enfants soutenus | 14 000 |
| Nombre de jeunes filles responsables du soutien scolaire | 300 |
| Nombre d’enfants par maîtresse | 50 |
| Aide apportée |
2 heures de cours du soir par jour 6 jours sur 7 |
En effet, l’encadrement et l’éducation des enfants sont confiés aux veuves et aux jeunes filles non mariées.
La situation des veuves en Inde est souvent tres difficile. Celles qui restent a demeure pour s’occuper des enfants n’ont pas d’argent pour les nourrir, celles qui choisissent de travailler ne peuvent s’occuper de leurs enfants. Ce systeme sauve les enfants et permet aux veuves de retrouver leur dignité de mere.
Un des piliers de la structure sont les jeunes filles. Par manque de ressources, surtout dans les villages, elles sont nombreuses a ne pouvoir aller a l’université, une fois leurs études secondaires terminées. Elles attendent a la maison qu’on puisse les marier ! Ici, elles préparent la nourriture des orphelins et les aident a faire leurs devoirs entre 6 et 8 heures en échange d’une petite allocation. Ce systeme a le grand avantage de donner aux enfants une présence féminine, et d’offrir aux jeunes filles un peu d’argent pour leur dot future sans laquelle aucun mariage n’est possible en Inde. Mais surtout elles découvrent une liberté qu’elles n’avaient pas, une expérience qui leur sera utile, et beaucoup d’amitié a travers tout le pays tamoul. Tous les mois, elles se retrouvent entre elles pour de petites cessions qui leur permettent d’échanger leurs expériences.
(*) Pierre Ceyrac, Pelerins des frontieres (p 111-116), Editions du CERF
Chaque groupe de cinq villages est confié a la responsabilité de deux femmes, qui ont pour fonction d’observer les arrivés et les départs de jeunes, les bons et mauvais éleves, et de coordonner le travail des villages, dont elles sont en charge.
C’est ainsi que ces deux infrastructures non seulement sauvent des enfants mais aussi contribuent tres efficacement a la libération de la femme !
Les enjeux du projet
Cet esprit permet le développement des enfants, la réhabilitation des veuves et la formation des jeunes filles qui deviennent de véritables animatrices, voire un moteur pour leur village. C’est énorme pour un enfant de se sentir aimé et d’avoir la chance d’étudier. C’est si important pour une femme qui se retrouve seule de se voir offrir la chance d’élever décemment ses enfants et d’en accueillir d’autres dans son amour et sa protection. C’est une telle opportunité de se sentir reconnue en tant que personne capable, non seulement de se prendre en charge, mais encore de porter de nombreux enfants et d’animer un village pour une jeune femme dont les études ont été écourtées par manque de moyen et a qui la situation familiale ne permettra pas de se remarier. Ce sont ces idées qui nous ont séduit, c’est aussi pour elles que rien ne doit s’arreter.
(Mission d’évaluation et d’appui a l’association indienne Ambukarangal, Father Ceyrac Children’s Trust, Rapport de mission 1997).
Pellakupam / Singanur / Paramankeni
Les centres d’ Ambukarangal offrent a des enfants orphelins ou issus de familles tres pauvres un toit, la nourriture, la santé, l’éducation et l’amour, tout en gardant un esprit de simplicité, afin que les enfants ne soient pas en décalage avec leur famille : on trouve l’amour dans ces centres. La joie des enfants est unique.
Pere Ceyrac
3 centres accueillent aujourd’hui les enfants en fonction de leur âge Centre Age des enfants Nombre d’enfants accueillis Pellakupam A 2 km de Tindivanam De 6 a 13 ans 140 enfants Singanur A 2 km de Tindivanam De 13 a 18 ans 185 adolescents Panamankeni 100 Km au sud de Chennai. De 16 a 21 ans 52 jeunes filles
Dans tous les centres, les enfants accueillis sont en majorité des filles, car les familles pauvres privilégient l’éducation de leurs enfants garçons. Les filles restent alors a la maison afin d’aider leur mere dans les travaux quotidiens.
Les centres accueillent les enfants, leur offrent un toit et de la nourriture, les enfants sont scolarisés dans les écoles gouvernementales a proximité, afin de ne pas perdre le lien avec les autres enfants.
Des jeunes filles sont employées dans les centres, afin de prendre soin des enfants, comme une maman pourrait le faire. Elles veillent a la santé des enfants, elles surveillent les devoirs, elles donnent les repas. Elles sont aussi a l’écoute des petits maux des enfants, leurs joies, leurs peines et elles leur donnent beaucoup d’amour.
Par ailleurs, des cuisinieres et des gardiens s’occupent du fonctionnement de la logistique des centres.
L’ensemble du personnel vit avec les enfants au sein des centres au jour le jour.
Le Pere Ceyrac estime que la bonne santé des enfants est une priorité au sein des centres. Des campements médicaux sont organisés a intervalles réguliers afin de vérifier l’état de santé générale des enfants. En cas de besoin, les enfants ont un acces facile aux soins médicaux.
D’autre part, une attention particuliere a été apportée a la qualité et la diversité de la nourriture préparée pour les enfants. Dans tous les centres, des pompes a eau avec filtre ont été installées afin de faire bénéficier les enfants d’eau potable.
Pellakupam
En 2009, le centre accueille 76 garçons de 6 a 18 ans.
6 jeunes femmes, 3 femmes pour la cuisine et 1 gardien travaillent dans le centre a temps complet.
Chaque jour : 60 kilos de riz sont cuisinés pour les enfants a Pellakuam : pour le petit déjeuner, le lunch box qui leur est fourni pour midi et pour le repas du soir.
Les dernieres réalisations :
- Une pompe a eau et un filtre ont été installés en 2005, ce qui a notoirement amélioré la santé des enfants.
- Une cuisine a été construite en 2004
Singanur
En 2009, le centre de Singanur accueille 144 filles entre 13 et 18 ans.
Cinq jeunes femmes résident dans le centre : G. Pathima Mary ; A. Vimal Vimarasi ; Meeena ; Devi Mallica et Kiruba Shankari
Parmi ces jeunes femmes qui s’occupent des adolescents, beaucoup sont arrivés cette année. Les anciennes ayant économisé assez d’argent pour payer leur dote ont quitté le centre pour se marier et fonder leur famille.
Les jeunes femmes apprécient la qualité des liens qu’elles établissent avec ses jeunes.
7 cuisiniers préparent l’ensemble des repas des enfants (lunch box pour le midi).
Les journées commencent tôt : vers 6 heures, les enfants sont réveillés, et ils étudient le matin. Ils partent pour l’école vers 8h30.
La majorité des enfants de Singanur vivent sont scolarisé dans l’école du village qui compte au total 4000 enfants.
En plus des enfants de Singanur, l’association finance la scolarité de 700 enfants qui étudient dans le college et le lycée en face du centre. Beaucoup d’enfants de cette école aiment venir dans le centre pour boire et pour jouer entre les cours.
Parmi les enfants de Singanur, environ 20 enfants par an finissent premiers de classe. Ces enfants bénéficient d’un accompagnement spécifique par l’association qui finance leurs études universitaires.
En 2006, 10 enfants sont restés apres leur lycée a Singanur pour bénéficier d’un enseignement supérieur. Les enfants suivent la scolarité indienne et obtiennent leurs diplômes d’état.
Par exemle, la jeune Barketnicha a débuté en 2006 une école d’institutrice qui va durer 2 ans. Le cout de ces études, de 75 000 roupies par an, est financé par l’association (environ 1 200 euros).
Les équipements du centre ont été renovés en 2004. Le centre comte désormais 6 douches et 2 toilettes pour les filles et 2 douches et 6 toilettes pour les garçons. 2 grandes chambres pour les filles et une chambre pour les garçons ont été construits cette meme année.
Les travaux a venir : agrandissement du centre, avec la construction de nouveaux bâtiments avec des chambres pour les jeunes filles et des sanitaires.
Paramankeni
Le centre de Paramankeni est situé a la campagne a 100 Km au sud de Chennai.
Il accueille 52 jeunes filles de 16 a 21 ans pour des cours d’informatique et de couture pendant une année scolaire.
Les éleves sont des jeunes filles qui viennent de familles de paysans pauvres des villages environnant le centre.
Le centre est dirigé par Schanti, qui est diplômée d’un Master of Computer Application.
Schanti a rejoint Paramankeni en 2005, en réponse a une offre d’emploi publié par Ambukarangal, afin de prendre la direction du centre. Issue d’une famille aisée de Chennai, mariée a un avocat, Schanti a décidé de s’installer a Paramankeni pour se mettre au service des enfants plus pauvres. Schanti veille de façon attentive sur l’ensemble des jeunes filles de Singanur. Par sa grâce et son sourire, elle est un modele pour toutes les jeunes filles.
Autour de Schanti, qui assure les courts d’informatique, l’équipe est constituée de :
- 2 autres professeurs : une professeur de couture, une professeur d’anglais
- 6 femmes en cuisine : Iruthala Mery, Nirmala Mery, Mariy Pushpam ; Arujeniphar ; Sabina Mery, amirthavalli
Le professeur est Schanti, qui dispose d’un Diplôme gouvernemental « Computer software application ».
Elle dispense des cours théoriques et des travaux pratiques dans la salle d’ordinateurs, qui comprend aujourd’hui 16 postes de travail.
A la fin de l’année, les éleves passent un diplôme d’état reconnu, qui favorise leur intégration sur le marché du travail indien.
1 professeur diplômé assure les cours de couture. L’école dispose de 7 machines a coudre
Des nouveaux locaux ont été construits afin d’accueillir les enfants des bidonvilles de Chennai en vacances, pendant les périodes d’été étouffantes a Madras. ; « pour qu’ils passent un mois a attraper des crevettes. Il y aura beaucoup de joie » P. Ceyrac.
Ces locaux pourront aussi accueillir pour les vacances les enfants des centres de Singanur et de Pellakupam
Une maison a Chennai a été mise a disposition des jeunes filles qui ont achevé leur formation a Paramankeni et qui cherchent du travail.